jusqu'en juin 2027
en famille
dr TNG
Il y a des expositions qu'on visite. Et puis il y a celles qui vous habitent longtemps après. Le Studiolo de l'Exil, installé depuis le 23 avril dans le hall du TNG-Vaise, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
L'idée est aussi simple que bouleversante : un artiste, Stephan Zimmerli, s'est installé dans une cabane en bois au milieu du théâtre. Pas pour jouer à cache-cache, quoique, mais pour écouter et observer. Onze enfants exilés, âgés de 8 à 17 ans, venus d'Ukraine, d'Afghanistan, du Kazakhstan, du Venezuela, de Côte d'Ivoire ou encore du Qatar, lui ont raconté un lieu perdu. Leur jardin d'avant. La rue de leur enfance. La maison de grand-mère restée là-bas. Et lui, au fusain, en temps réel, a dessiné ce qu'ils décrivaient. Séance après séance, deux heures chacune, uniquement armés de leurs mots et de leur mémoire.
Le résultat ? Une fresque collective qui tapisse les parois de la cabane. Une géographie de l'intime, un atlas des souvenirs que l'exil n'a pas réussi à effacer, des paroles et des histoires à entendre.
Stephan Zimmerli n'est pas un artiste ordinaire. Formé à la scénographie à l'ENSAD et à l'architecture auprès du légendaire Peter Zumthor en Suisse, co-fondateur du groupe Moriarty (oui, celui-là), il mène depuis des années un projet qui voyage de Florence à Berlin en passant par Paris et Avignon. À Lyon, c'est le TNG qui l'accueille, jusqu'en juin 2027, ce qui laisse le temps d'y revenir.
Pour les familles, c'est une occasion rare d'aborder avec les enfants des questions qui trottent souvent dans les têtes : d'où vient-on ? Qu'emporte-t-on quand on part ? À quoi ressemble un souvenir qu'on ne peut plus vérifier ? La cabane crée une intimité propice aux grandes conversations. L'entrée est libre et gratuite, du mardi au vendredi de 14h à 18h. Pas d'excuse, donc.

Studiolo de l’exil de Stephan Zimmerli

Journaliste
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